Le cimetière militaire allemand d'Orglandes
Lors de la Bataille de Normandie, les allemands font face à la forte offensive des alliés et tous leurs efforts se trouvent concentrés dans une farouche résistance. Au gré du recul de la ligne de front vers la Seine et la Bretagne, les morts allemands se trouvent inhumés, parfois sommairement, aux quatre coins du territoire bas-normand. Après-guerre, 1 400 communes du Calvados, de l'Orne et de la Manche comportent les sépultures de combattants du IIIe Reich. En 1956, le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e. V. rassemble les défunts dans six cimetières : Champigny-St. André (19 831), St-Désir-de-Lisieux (3 735), Marigny (11 169), La Cambe (21 200), Mont-de-Huisnes (11 956) et Orglandes.
Les allemands et les américains enterrés côte à côte.
Après avoir débarqués sur Omaha et Utah Beaches, les américains progressent vers Cherbourg. En renfort des parachutistes des 82nd et 101st US Airborne Divisions, les GI's avancent également vers l'Ouest vers l'intérieur du Cotentin. Le Général MacKelvie emmène les jeunes recrues de la 90th US Infantry Division, mais son unité peine à avancer dans le bocage normand ou les allemands ont l'avantage. Le 359th Régiment parvient aux environs d'Orglandes le 14 juin, puis le 16, des éléments de la 9th US ID s'emparent de ponts sur la Douve. Le 359th pénètre dans le village mais est ensuite repoussé par une contre-attaque ennemie. Le 39th Régiment, 9th US ID, libère finalement la place le 17 juin.
Petite commune de 350 habitants en 1945, Orglandes accueille la dernière demeure de plus de 10 000 jeunes hommes. A l'origine en 1944, soldats germaniques et américains se côtoyaient dans ce cimetière. A compter de 1945, les dépouilles américaines furent transférées au cimetière militaire de Colleville-sur-mer, ou rapatriées outre-Atlantique sur demande des familles.
Seul un carré de 7 358 tombes subsistait. Puis le service d'entretien des sépultures français s'attacha à retrouver les combattants enterrés dans des tombes isolées ou présentes dans des cimetières communaux. Grâce à cet effort, 10 152 combattants purent reposer dans la nécropole. Puis en 1958, le Volksbund débuta des travaux architecturaux et paysagistes. Ainsi, 28 rangées de croix en pierre jalonnent le vaste pré en pente douce. Inaugurée en 1961, l'entrée s'effectue par un bâtiment supportant un clocher. Sur chaque stèle, les noms, grades et dates de naissance de deux à trois soldats sont inscrits. A 11 kilomètres au Nord-Ouest de Sainte-Mère-Eglise, le cimetière militaire allemand d'Orglandes constitue une halte singulière à proximité des lieux du Débarquement en Normandie dévolus aux troupes aéroportées américaines. A noter que le Général Wilhelm Falley, commandant la 91. Luftlande-Infanterie-Division et tué le 6 juin 1944 par le Lieutenant Malcolm Bannen (508h PIR), y est inhumé.
Tombe du Général Wilhelm Falley, dans le block 10 de la nécropole.
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22 pour une seule croix
Au fin fond du cimetière militaire allemand, dans la parcelle 27, existe une plaque singulière. 22 noms y sont gravés. 22 noms, mais une seule date de décès : le 25 octobre 1945.
Ces victimes étaient en fait des prisonniers de guerre allemands. Utilisés comme démineurs près de 5 mois après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ils trouvèrent la mort à Asnières-en-Bessin, lors de l'explosion d'une charge de dynamite. Trop endommagés, leurs restes ne purent être identifiés individuellement, à l'instar de tankistes tués par l'explosion de leur blindé.
Ces 22 hommes reposent donc ensemble, rangée 13, tombe N°420/421.