guerre
Livre Vanguard of the crusade de Mark Bando
Par plagesdu6juin1944 | Le 05/08/2012 | Commentaires (0)
Un nouveau livre apparait dans notre bibliographie : "Vanguard of the crusade, la 101st Airborne Division dans la seconde guerre mondiale", de Mark Bando aux éditions Heimdal.
L’auteur voit le jour à Détroit en 1949.Passionné de sciences humaines, il effectue des études d’histoire à la Wayne State University située dans sa ville natale. Après son cursus universitaire, il s’engage dans la police. Retraité en 1999, il peut dès lors s’atteler à l’écriture. Car depuis 1969, Bando s’est fixé comme objectif de rencontrer un maximum de vétérans de la 101st airborne. De ces réunions accouchent plus d’un millier de confessions formant le socle de cet ouvrage. Déjà auteur de 7 livres, Vanguard of the crusade est le premier de Bando traduit en français.
La 101st va connaitre son baptême du feu en Normandie. Créée le 15 août 1942 sous le commandement du général Lee, elle est stationnée à Fort Benning en Géorgie. Après un dur entrainement, les volontaires effectuent leurs sauts de qualification afin d’être brevetés parachutistes. L’Etat-Major allié a de grands projets pour les Screaming Eagles. En septembre 1943, les hommes s’embarquent à bord des navires SS Strathnaver et SS Samaria, direction l’Angleterre. Dans les plaines Britanniques, les paras entretiennent leur condition physique avant le grand saut. Le 4 juin 1944, les soldats préparent leur barda pouvant peser plus de 40 kilos et attendent l’embarquement. Leur point de chute est la Normandie, plus précisément la façade Est du Cotentin. Le lendemain, l’infanterie américaine représentée par le 7ème corps du général Collins doit débarquer sur le secteur codée Utah Beach. Du côté de la 101st, le général Taylor a remplacé le général Lee. L’aéroportée doit pendant la nuit sécuriser les terres autour de Sainte-Marie-du-Mont, village stratégique placé en arrière d’Utah Beach. Les paras doivent également arraisonner la batterie de Saint-Martin-de-Varreville et contrôler les 4 chaussées partant des plages afin que les renforts blindés puissent faire mouvement vers l’intérieur.
Cependant la météo est exécrable et le commandant suprême de l’expédition, le général Dwight Eisenhower, retarde l’échéance de 24 heures. A l’annonce de cet ajournement, l’agacement souffle dans les aérodromes. Les hommes retournent tuer le temps en jouant aux dés ou au poker dans l’attente d’un nouvel appel.
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"On se sentait comme si nous allions jouer le Super Bowl et qu'on allait gagner" Lt Clair Hess, 501st régiment |
Le 5 juin au soir, l’heure H retentie, les hommes prennent place dans les C-47 pour leur premier saut de combat. Les premiers à toucher le sol sont les pathfinders. Ces éclaireurs balisent les zones de sauts A,C, D et E pour les planeurs. Peu après minuit le 6 juin, la bataille de Normandie débute dans le ballet aérien allié chassé par la flak allemande.
Mark Bando décrit avec minutie les péripéties des américains pendant l’invasion : Ravenoville, Sainte-Mère-Eglise, Le Holdy, Carentan… Une vingtaine de lieux se racontent à travers les yeux des vétérans. Paris libéré, le Field Marshall Montgomery décide en septembre 1944 de tester les défenses ennemies au nord. L’opération Market Garden est lancée. Les 12 000 hommes sautent avec leurs nouveaux parachutes T7 sur la Hollande, entre Son et Vehgel, afin d’ouvrir un couloir pour permettre au 30ème corps Britannique de se frayer un chemin vers le pont d’Arnhem. Une fois le pont franchi, les Britanniques doivent obliquer vers l’Est afin de contourner la ligne Siegfried et filer droit vers la Ruhr. Ainsi, Hitler devra s’être rendu avant Noël.
Image célèbre de James Flanagan , 502nd rgt, exposant sa prise de guerre à la ferme Marmion de Ravenoville
Le 17 septembre 1944 vers 14 heures, les Screaming Eagles sont largués au nord d’Eindhoven avec pour mission de s’emparer de 5 ponts sur les canaux de Wilhelmine et Zuid-willemsvaart. Les 5 édifices sont pris par la 101st. Après avoir le lendemain libéré Eindhoven, les paras repoussent les contre-attaques allemandes. Cependant au nord, les blindés du 30ème corps ne réussissent pas à rejoindre la première division aéroportée Britannique qui tient l’entrée Nord du pont d’Arnhem. L’opération est un échec, le cœur industriel allemand derrière le Rhin reste un but inaccessible.
| Le fusil M-1 Garand peut transpercer une planche de pin de 45cm à 250 mètres, ou 3 soldats SS à 25 mètres... |
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"A l'attention du commandement allemand : NUTS !" (Des clous ! ) Le commandement américain, le Général McAuliffe ( répondant à Bastogne à la demande de réddition de l'ennemi ) |
Fin janvier, les allemands produisent leur effort vers le sud de l’Alsace. Les alliés stoppent cette nouvelle poussée avant de faire une pause au camp de Mourmelon. Un évènement rare s’y produit : le 14 mars, le général Eisenhower vient remettre à la 101st airborne la Distinguished Unit Citation pour action héroïque au combat. La DUC est exceptionnellement décernée à une division, et est l’équivalent de la DSC pour un soldat.
En avril, les paras franchisent le Rhin et progressent dans la région de la Ruhr. Près de Landsberg, ville de 30 000 âmes au sud de Munich, le 506th régiment découvre un camp de concentration. Pour certains paras, c’est une révélation, ils savent désormais pourquoi ils ont enduré tant de souffrances. Une vision brutale de ses ombres squelettiques avant l’entrée en Autriche et la prise du nid d’aigles à Berchtesgaden. C’est l’âge d’or pour tous les survivants, et le 8 mai 1945 résonnent les lettres VIE, Victory In Europe.
Le 30 novembre la 101st est désactivée à Auxerre. Réactivée en 1949 comme unité d’entraînement, elle redevient une troupe combattante en 1956. Elle fera à nouveau le coup de feu au Vietnam, pendant les guerres du golfe et en Afganisthan.
Patch de la 101st
On ne peut que saluer le travail de longue haleine mené par Mark Bando. Les pages fourmillent de photos inédites. Une partie des clichés sont l’œuvre des deux photographes officiels du 501st et 502nd, Albert Krochka et Mike Musura ( malheureusement les 327th et 506th régiments n’avaient pas de photographes attitrés ). Le fil conducteur de l’épopée des Sceaming Eagles à travers l’Europe est respecté ( Angleterre, France, Hollande, Belgique, Allemagne, Autriche ). Les anecdotes sont légions et viennent rehausser un récit dénué de fioritures. Les passionnés par l’arme aéroportée y trouveront leur lot d’évènements insolites et d’histoires rattachées aux personnalités de la 101st ( les généraux Taylor, Mc Auliffe, les colonels Sink et Johnson ).
Pour les autres, c’est un plongeon sans concession dans l’univers d’une troupe délite ou la cohésion d’hommes rudes se confronte aux périls du combat. A la différence d’autres ouvrages sur le sujet, la bataille est racontée par les participants avec un langage parfois fleuri mais authentique. L’écriture non romancée de Bando peint un florilège d’histoires personnelles qui façonnent le prestige de la 101st airborne.
Ce qui frappe aussi le lecteur, ce sont les annotations des photos. Nombre de paras représentés portent les mentions POW ( prisoner of war / prisonnier de guerre ), MIA ( missing in action/ porté disparu ) ou KIA ( kill in action / tué au combat ). Trois lettres comme autant de médailles qui témoignent de la dangerosité des missions.
Vanguard of the Crusade est un livre fort qui vous fera comprendre pourquoi cette division inexpérimentée en 1943 est depuis entrée dans la légende.
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"La 101st Division Airborne n'a pas d'histoire, mais elle a rendez-vous avec le destin" Général W. C. Lee, 1942 |
Les criminels de guerre nazis présumés
Par plagesdu6juin1944 | Le 22/01/2012 | Commentaires (0)
Voici la liste des criminels de guerre suspectés de crimes par le centre Simon Wiesenthal. Simon Wiesenthal était un architecte Autrichien dont de nombreux proches furent assassinés dans les camps de la mort. Il consacra sa vie à la traque des nazis en fuite et créa son ONG. Basé aux Etats-Unis, son centre perpétue le souvenir de l’holocauste. En 2002, il lance l’opération « dernière chance », qui tend à aider les gouvernements à faire comparaitre les criminels nazis. Tout renseignement utile donne alors droit à une récompense financière pouvant atteindre jusqu’à 25 000 dollars.
Voici la liste publiée en mai 2011 des 12 criminels de guerre nazis présumés toujours visés par le centre. Pour certains, ils ont déjà été jugés et punis, d’autres connaissent un exil relativement paisible. Pour quelques uns, ils restent recherchés, jusqu’à ce que leur mort soit prouvée.
- Alois Brunner : Il dirigeait le camp d’internement et de transit de Drancy. Il est accusé d’avoir envoyé vers les camps d’extermination 47 000 juifs Autrichiens, 44 000 Grecs et 23 500 Français. Réfugié en Syrie depuis 1954, il est condamné à la prison à vie par contumace par la France. Il a été aperçu une dernière fois en 2001. Pour l’heure impossible de savoir s’il est encore vivant.
- Dr Aribert Heim : Médecin SS aux camps de Mathausen et Buchenwald, le « docteur de la mort « pratiquait ses expériences sur les prisonniers en leurs prodiguant des injections létales dans le cœur. Parti après guerre en Egypte, au Caire, il s’était converti à l’islam et porte dorénavant le nom de Tarek Hussein Farid. Il serait mort d’un cancer en 1992. Cependant il n’existe pas de corps ni de tombe pour authentifier sa disparition.
- Sandor Kepiro : Policier Hongrois, il est accusé d’avoir tué 1 200 civils. Condamné entre 1944 et 1946, il n’a pas purgé sa peine. Il s’était alors exilé en Argentine avant de revenir en Hongrie en 1996. Il réfute toutes les accusations, cependant les autorités Hongroises enquêtent à nouveau.
- Milivoj Asner : Des centaines de Serbes, de juifs et de Roms ont été déportés par cet ancien policier Croate. Il réside en Autriche, la Croatie demande à le juger mais l’Etat Autrichien refuse de le livrer compte-tenu de son état de santé.
- Claas Karl Faber : Né aux Pays-Bas, il habite aujourd’hui en Bavière.et fut jugé coupable en Hollande en 1947 pour l’assassinat de 11 juifs. Membre comme son frère des services de renseignements SS, il fut condamné à la prison à vie ( son frère lui fut exécuté en 1948 ). En 1952, il parvient à s’échapper de la prison de Breda et rallie l’Allemagne. Depuis il vit une retraite paisible.
- Gerhart Sommer : Il aurait participé au massacre de 560 civils dans le village Italien de Sant’Anna di Stazzema. En 2005 il a été jugé par contumace coupable par une court militaire Italienne, mais faute de preuves, l’Allemagne refuse de le livrer.
- Adam Nagorny : Il était SS au camp de Treblinka et aurait participé à l’extermination des juifs. Résident Allemand, une enquête a été ouverte par le parquet de Munich en 2011 suite aux déclarations d’anciens prisonniers du camp.
- Karoly Zentai : Soldat Hongrois en 1944, il aurait persécuté et tué des juifs de Budapest. Aujourd’hui en Australie, la Hongrie demande son extradition.
- Soeren Kam : Ex-membre des SS, il aurait assassiné un journaliste Danois en 1943 et déporté de nombreux juifs. L’Allemagne ou il habite refuse de le livrer à Copenhague arguant que les preuves sont insuffisantes.
- Ivan Kalymon : Il est accusé d’avoir sévit dans le ghetto de Lvov en ayant déporté et tué des juifs entre 1941 et 1944. Il a été condamné en janvier 2011 à l’extradition par les Etats-Unis, pays ou il réside encore, pour avoir dissimulé ses forfaits. Les américains attendent encore qu’un autre pays l’accueille.
- Algimantas Dailide : Ancien officier de police en Lituanie, il a participé à des rafles des juifs exécutés ensuite par les Nazis. Livré par les Etats-Unis à l’Allemagne en 2003, il fut condamné en 2006 par un tribunal Lituanien, sans avoir ensuite effectué sa peine.
- Mikhail Gorshkow : Interprète de la Gestapo, il aurait participé aux meurtres de juifs Biélorusses. Il fut ensuite déchu de sa nationalité américaine ou il s’était réfugié. Revenu en Estonie en 2002, une enquête est en cours sur ses actes passés.
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Sources : centre Simon Wiesenthal, le Figaro, l'express, la BBC
http://www.operationlastchance.org
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