La batterie de Longues sur mer
Par plagesdu6juin1944 | Le 01/08/2011 | Commentaires (0)
Le poste de tirs de la batterie de Longues sur mer sort de longs mois de travaux visant à améliorer son accessibilité. Après la sauvegarde de la vigie de la Pointe du Hoc, Longues sur mer entend bien de pas rester en reste.
La batterie de Longues sur mer est une vitrine mythique du patrimoine normand, car elle seule sur le mur de l’atlantique français possède encore ses canons dans ses 4 casemates. Echappés par miracle aux mains des ferrailleurs dans les années 50, ses calibres de 150 mm sont toujours pointés vers un horizon devenu depuis longtemps bien paisible.
Photo : Sorin Lingureanu
Situé au nord de la ville de Bayeux, à 300 mètres du rivage, ce WN 48 commence à s’élever en 1943. Cependant, comme souvent dans les édifices gérés par l’organisation Todt, lorsque les alliés accostent en juin 1944 ses travaux de fortification ne sont pas terminés. Néanmoins, ses casemates sont opérationnelles et ses canons, d’une portée de 20 kms, sont tout à fait capables de faire feu sur les secteurs de Gold et Omaha Beach. Eisenhower le sait parfaitement, et le 24 mai et le 3 juin 1944, 1 500 bombes sont déversées sur le système de défense ennemi. Le poste de tirs va découvrir la flotte d’invasion au matin du 6, et sonner le branle-bas de combat pour les 184 hommes de la garnison. La bataille navale commence alors entre la batterie de marine et les navires mouillant au large. Les HMS Ajax et Arkansas la prennent pour cible et trois canons sont bientôt hors de service. Longues poursuit ses tirs en direction d’Omaha afin d’empêcher le débarquement américain, alors que le croiseur français Georges Leygues vient soutenir les efforts de la marine contre le point d’appui. Sous les coups de boutoirs des salves alliées, la batterie cesse définitivement ses canonnades dans l’après-midi. Le lendemain, le second régiment du Devonshire s’empare de l’ensemble, les occupants étant démoralisés par les bombardements navals et aériens. Le drapeau blanc est alors agité et 120 allemands se rendent aux britanniques.
Toujours perché à 65 mètres des vagues, en bord de falaise, le poste de tirs à deux étages possède encore son télémètre. Le conservatoire du littoral a décidé d’aménager ce placide vétéran du D-Day en débutant sa mise en chantier en novembre 2010. Son nouvel agencement qui aura coûté 87 000 euros va permettre à ses 250 000 visiteurs annuels de mieux arpenter la batterie et de jouir d’une vue magnifique sur la côte normande.
Un accès pour personnes handicapées et des barrières de sécurité sont venus garnir le poste de tirs. Ainsi le conservatoire du littoral, propriétaire du lieu, confirme son attachement au patrimoine des plages du débarquement et permet à Longues sur mer de bénéficier de l’attrait grandissant du public pour le jour J. Une bonne publicité pour cet espace à l’entrée libre et gratuite ( une rareté de nos jours ), dépourvu de boutique de souvenirs et de musée. C’est aussi une juste récompense pour la quinzaine de bénévoles qui entretiennent et mettent en valeur ce témoin de notre histoire, dont les canons sont régulièrement victimes du vandalisme et du temps qui passe. Une étude faite en 2005 estime le coût de leur restauration à 40 000 euros. Par son authenticité et son absence de mercantilisme, la batterie de Longues sur mer, coincée entre Arromanches et Omaha Beach, mérite le coup d’œil.
Sources : La manche libre
La batterie de Longues sur mer, de Remy Desquesnes, aux éditions OREP
Remerciements à Regis Leymarie, délégué adjoint Normandie au conservatoire du littoral
Photo du poste de tirs : Braguadian